Acheter un bijou ancien ou d’occasion, c’est prolonger la vie d’un objet qui existe déjà. Vendre les bijoux en or que l’on ne porte plus permet également de les remettre en circulation ou, lorsqu’ils ne présentent plus d’intérêt en tant que bijoux, d’en recycler le métal.
Cette logique d’économie circulaire est particulièrement adaptée à l’or. Métal très stable, il peut être fondu, affiné et réutilisé à de nombreuses reprises sans perdre ses propriétés.
La production d’or primaire nécessite une succession d’opérations particulièrement importantes : extraction de la roche, transport, concassage, broyage, traitement du minerai puis récupération et affinage du métal.
La concentration en or des minerais étant généralement faible, de grandes quantités de roche doivent être traitées pour obtenir une quantité relativement limitée de métal.
C’est principalement cette phase minière qui explique l’empreinte carbone élevée de l’or primaire. Les travaux publiés par le World Gold Council montrent que l’extraction représente l'essentiel des émissions de gaz à effet de serre de la chaîne de production de l’or.
Le recyclage nécessite lui aussi de l’énergie : les bijoux doivent être collectés, triés, fondus puis affinés. Mais il évite une étape fondamentale : extraire une nouvelle matière première du sous-sol.
L’un des problèmes environnementaux les plus importants liés à l’or concerne l’utilisation du mercure dans l’extraction artisanale et à petite échelle.
Le mercure permet de former un amalgame avec l’or contenu dans le minerai. Celui-ci est ensuite chauffé afin d’éliminer le mercure et de récupérer le métal précieux.
Cette technique relativement simple présente des conséquences importantes. Une partie du mercure peut être libérée dans l’atmosphère ou contaminer les sols et les cours d’eau.
Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), l’extraction artisanale et à petite échelle de l’or constitue aujourd’hui la principale source anthropique de rejets de mercure dans l’environnement.
On estime par ailleurs que 10 à 15 millions de personnes travaillent directement dans ce secteur à travers le monde.
Il faut toutefois préciser que ce problème concerne principalement certaines formes d’orpaillage artisanal et ne peut être généralisé à l’ensemble de la production aurifère.
À l’échelle industrielle, une partie importante de la production aurifère utilise la cyanuration.
Le cyanure permet de mettre l’or présent dans le minerai en solution afin de pouvoir ensuite le récupérer. Cette technique est efficace, mais elle nécessite des mesures strictes concernant le transport, le stockage et le traitement des produits et des résidus miniers.
En raison de sa toxicité, son utilisation fait régulièrement l’objet de débats. En 2010, le Parlement européen a notamment demandé une interdiction générale des technologies minières utilisant le cyanure dans l’Union européenne. Cette interdiction générale n’a finalement pas été adoptée.
Contrairement à une idée parfois répandue, toutes les mines d’or n’utilisent cependant pas nécessairement du cyanure : les procédés varient selon la nature du minerai et les techniques d’exploitation.
L’ouverture d’une mine nécessite également des infrastructures : zones d’extraction, routes, installations de traitement, bassins de stockage et réseaux énergétiques.
Dans certaines régions tropicales, l’exploitation aurifère contribue ainsi directement ou indirectement à la déforestation.
Une étude portant sur l’Amérique du Sud a estimé qu’environ 1 680 km² de forêt tropicale avaient été perdus entre 2001 et 2013 dans des zones associées à l’exploitation aurifère.
Au-delà de la disparition des arbres, l’activité minière peut entraîner une fragmentation des habitats, une modification des sols et une contamination des milieux aquatiques.
Dans le domaine de la bijouterie ancienne, une distinction est importante.
Lorsqu’un bijou cassé ou sans intérêt particulier est fondu pour récupérer son métal, il s’agit de recyclage.
Lorsqu’une bague Art déco, une broche du XIXe siècle ou un bracelet des années 1940 est restauré puis porté par un nouveau propriétaire, le bijou n’est pas recyclé : il est réemployé.
Cette seconde solution présente un intérêt particulier puisqu’elle conserve non seulement la matière première, mais également tout le travail déjà réalisé : fonte et mise en forme du métal, sertissage, taille des pierres, polissage et savoir-faire du bijoutier.
Un bijou ancien peut ainsi continuer à remplir sa fonction plusieurs dizaines, voire plus de cent ans après sa fabrication.
L’or que nous possédons constitue déjà une ressource
Une quantité considérable d’or se trouve déjà entre les mains des particuliers : bijoux hérités, chaînes cassées, alliances, bracelets démodés ou pièces que l’on ne porte simplement plus.
Ce stock constitue une véritable ressource.
Lorsqu’un bijou possède un intérêt esthétique, historique ou commercial, il peut être remis en circulation et connaître une nouvelle vie. Lorsqu’il n’en possède plus, son métal peut être récupéré puis réintroduit dans la filière.
Le recyclage représente d’ailleurs une part significative de l’approvisionnement mondial. Selon le World Gold Council, environ 1 404 tonnes d’or recyclé ont été remises sur le marché en 2025, contre environ 3 672 tonnes provenant des mines.
Acheter un bijou ancien ou d’occasion ne supprime évidemment pas tout impact environnemental : il doit être expertisé, éventuellement restauré et transporté.
Mais son principal avantage est simple : le bijou existe déjà.
L’or a déjà été extrait, les pierres ont déjà été taillées et la monture a déjà été fabriquée. En choisissant de conserver et de transmettre cet objet plutôt que de le remplacer systématiquement par une production nouvelle, on prolonge la durée de vie des matières premières et du travail qui leur a donné forme.
C’est également le principe qui guide Héritage de France® : privilégier la conservation et la remise en circulation des bijoux anciens lorsqu’ils le méritent, et permettre le recyclage des métaux précieux lorsque les bijoux ne peuvent ou ne justifient plus d’être conservés.
Avant d’extraire davantage d’or, il existe donc une ressource considérable à valoriser : celle qui a déjà été extraite et qui se trouve dans nos bijoux.